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Réglementation de la location saisonnière : que change-t-elle pour une cession en 2026 ?

Publié le · 9 min de lecture · Par Amaury GUÉNEAU

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Vous gérez des meublés de tourisme pour le compte de propriétaires et vous pensez à céder votre activité ? Dans ce cas, la réglementation de la location saisonnière sera l'un des premiers sujets du repreneur. En effet, depuis la loi du 19 novembre 2024, chaque logement de votre portefeuille doit répondre à des règles plus strictes.

Cet article fait le point sur ce qui change en 2026 et sur la façon dont ces règles pèsent sur une cession. Concrètement, vous y trouverez les points que l'acquéreur vérifiera, les erreurs qui font baisser le prix et un cas pratique illustratif.

En bref

La réglementation de la location saisonnière s'applique aux logements que vous gérez, et non à votre seule structure. Ainsi, un repreneur contrôlera l'enregistrement, l'autorisation de changement d'usage, le diagnostic de performance énergétique et le règlement de copropriété de chaque logement. Sur les opérations que nous accompagnons, une activité de location saisonnière se cède entre 100 et 150 % de son chiffre d'affaires annuel hors taxes : la conformité du portefeuille décide souvent de sa place dans cette fourchette.

À ne pas confondre

En pratique, cette page traite des règles qui encadrent les meublés de tourisme eux-mêmes : enregistrement, changement d'usage, performance énergétique, copropriété. À ne pas confondre avec les règles propres à votre métier de gestionnaire, comme la carte professionnelle prévue par la loi Hoguet. Par ailleurs, la limite de 90 jours consécutifs pour un même client définit le meublé de tourisme. Elle se distingue du plafond annuel de 120 jours pour une résidence principale, qu'une commune peut abaisser à 90 jours.

Pourquoi la réglementation de la location saisonnière pèse sur la valeur d'une activité

Un repreneur n'achète pas des murs. En réalité, il achète des mandats de gestion attachés à des logements précis. C'est pourquoi un logement qui ne respecte pas les règles fragilise directement le mandat qui s'y rattache.

Par exemple, prenons un cas simple. Si une commune constate qu'un logement fonctionne sans autorisation de changement d'usage, le propriétaire risque une amende et l'arrêt de la location. De ce fait, le chiffre d'affaires lié à ce logement disparaît, et le repreneur le sait.

Par ailleurs, la loi du 19 novembre 2024 a donné de nouveaux outils aux communes, comme le détaille l'Agence nationale pour l'information sur le logement. Le risque réglementaire varie donc fortement d'une commune à l'autre. Notre article sur la valorisation d'un portefeuille de location saisonnière après la loi Le Meur détaille cet effet sur le prix.

Ce que la loi du 19 novembre 2024 change pour une cession en 2026

Concrètement, le texte touche cinq sujets. Chacun d'eux entre dans l'audit d'un repreneur.

L'enregistrement de chaque logement

Aujourd'hui, la déclaration avec enregistrement n'existe que dans certaines communes. Le numéro attribué comporte treize caractères, selon Service-Public.fr. Toutefois, la loi généralise cette obligation à toute la France, au moyen d'un téléservice national. Le texte fixait une échéance au 20 mai 2026 au plus tard. Cependant, Service-Public.fr indiquait en juillet 2026 une mise en service prévue au quatrième trimestre 2026. Ensuite, les numéros délivrés par les communes devront être renouvelés sur ce téléservice.

Le changement d'usage et les quotas

La loi vise désormais expressément les meublés de tourisme dans le régime du changement d'usage. Ainsi, une commune peut instaurer une autorisation préalable, puis limiter le nombre d'autorisations dans certains quartiers. L'absence d'autorisation expose à une amende pouvant atteindre 100 000 euros par local. En pratique, le repreneur demandera la preuve de chaque autorisation.

La performance énergétique

Pour obtenir une autorisation de changement d'usage, un logement doit aujourd'hui être classé de A à E. À partir du 1er janvier 2034, les meublés de tourisme devront être classés de A à D. Le maire peut aussi exiger un diagnostic en cours de validité. Un portefeuille de logements mal classés porte donc un risque à moyen terme.

La copropriété

Dans ce contexte, une copropriété peut désormais interdire la location de meublés de tourisme à la majorité des deux tiers. Cette règle ne vise que les lots d'habitation qui ne sont pas des résidences principales. De plus, le copropriétaire qui loue doit en informer le syndic. Un logement situé dans un immeuble hostile à cette activité reste donc fragile.

La fiscalité des propriétaires

Enfin, la loi a réduit l'avantage fiscal des propriétaires. Selon Service-Public.fr, l'abattement est de 30 % pour un meublé non classé, sous un plafond de 15 000 euros de recettes. Pour un meublé classé, il atteint 50 %, sous 77 700 euros pour les revenus de 2025. De ce fait, certains propriétaires peuvent se détourner de la location courte. Ce point concerne leurs revenus personnels : pour toute question fiscale, un avocat fiscaliste (nous pouvons vous en recommander) reste l'interlocuteur à consulter.

Réglementation de la location saisonnière : les points contrôlés lors d'une cession — repères 2026

Ce tableau résume les règles issues de la loi du 19 novembre 2024 et leur effet sur la valeur d'un portefeuille.

Point contrôléCe que prévoit la règleEffet possible sur la cession
EnregistrementNuméro de treize caractères ; téléservice national annoncé pour le quatrième trimestre 2026Logement sans numéro : annonce fragile, mandat à risque
Changement d'usageAutorisation selon la commune ; amende jusqu'à 100 000 euros par localChiffre d'affaires du logement contesté par le repreneur
Performance énergétiqueClasses A à E aujourd'hui pour une autorisation ; A à D en 2034Travaux à prévoir chez les propriétaires
CopropriétéInterdiction possible à la majorité des deux tiers pour les résidences secondairesLogement exposé à un arrêt de la location
Fiscalité des propriétairesAbattement de 30 % (non classé) ou 50 % (classé)Risque de départ de certains propriétaires

Comment le repreneur contrôle la conformité de votre portefeuille

L'audit d'acquisition suit un ordre assez constant. D'abord, l'acquéreur demande la liste des logements sous mandat, avec leur commune et leur chiffre d'affaires. Ensuite, il croise cette liste avec les règles locales.

Pour chaque logement, il réclame le numéro d'enregistrement, l'autorisation de changement d'usage si la commune l'impose et le diagnostic énergétique. De plus, il lit aussi les règlements de copropriété des immeubles concernés. Notre article sur l'audit d'acquisition d'un cabinet de gestion décrit cette démarche en détail.

À ce titre, le montage retenu compte aussi. En cas de cession de titres, la société transmet ses engagements avec elle. En revanche, une cession de fonds de commerce isole davantage le passé de la structure. Notre article céder son fonds ou sa société compare les deux options. Dans tous les cas, un avocat spécialisé en cession d'entreprises immobilières rédige les clauses de garantie.

Les erreurs qui font baisser le prix

Première erreur : découvrir un logement non conforme pendant la négociation. En pratique, le repreneur exclut alors ce logement du calcul ou demande un séquestre. Mieux vaut donc dresser vous-même l'état de conformité avant la mise en vente.

Deuxième erreur : ignorer les règles propres à chaque commune. Par exemple, deux logements situés à quelques kilomètres peuvent relever de régimes très différents. C'est pourquoi un tableau commune par commune rassure l'acquéreur.

Troisième erreur : taire le projet de cession aux propriétaires trop longtemps. Or ce sont eux qui signent les mandats. Leur adhésion au repreneur se prépare avec soin, sans rompre la confidentialité de l'opération.

Dernière erreur : traiter seul les questions juridiques et fiscales. Toutefois, chaque situation reste particulière. Un avocat spécialisé et un avocat fiscaliste sécurisent l'opération, et notre article sur la fiscalité de la cession d'une agence immobilière pose les premiers repères.

Pourquoi se faire accompagner par un spécialiste de la cession

Un spécialiste connaît les points que les repreneurs vérifient en premier. Il vous aide à préparer un dossier de conformité clair, logement par logement. Ainsi, la discussion porte sur la valeur de l'activité plutôt que sur ses fragilités.

De plus, il sait présenter le risque réglementaire de façon honnête. Un acquéreur accepte mieux un point connu et chiffré qu'une découverte tardive. C'est pourquoi notre accompagnement du cédant suit cette logique, de l'estimation à la signature.

Cas pratique : un portefeuille de meublés face à l'audit

🔍 Cas pratique — Claire, gérante d'une activité de location saisonnière sur le littoral

Claire gère 60 meublés de tourisme pour une quarantaine de propriétaires. Son chiffre d'affaires annuel atteint 180 000 euros hors taxes. Un repreneur s'intéresse à l'activité et lance son audit.

Sa question : l'audit révèle que 6 logements, situés dans une commune qui impose une autorisation de changement d'usage, n'en disposent pas. Ils représentent 27 000 euros de chiffre d'affaires. Quel effet sur le prix ?

Les éléments à analyser :

  • Avec un coefficient de 130 %, l'activité complète vaudrait 234 000 euros.
  • Si le repreneur exclut les 6 logements, la base tombe à 153 000 euros, soit 198 900 euros au même coefficient.
  • L'écart atteint donc 35 100 euros, sans compter une possible baisse du coefficient lui-même.

L'enseignement : un état de conformité dressé un an avant la vente aurait permis de régulariser ces logements ou d'anticiper leur sortie. Ainsi, la négociation aurait porté sur l'ensemble du portefeuille.

Ces chiffres sont construits et fournis à titre illustratif uniquement. Chaque situation doit être analysée par un avocat spécialisé en cession d'entreprises immobilières et par un avocat fiscaliste (nous pouvons vous en recommander) avant toute décision.

Ce qu'il faut retenir avant de prendre une décision

À retenir
  • La réglementation de la location saisonnière porte sur chaque logement : enregistrement, changement d'usage, performance énergétique, copropriété.
  • Le repreneur contrôlera ces points un par un ; un logement non conforme sort souvent du calcul du prix.
  • Un état de conformité préparé avant la mise en vente protège la valeur, dans une fourchette de 100 à 150 % du chiffre d'affaires sur les opérations que nous accompagnons.

Valeur d'un cabinet immobilier selon le métier — repères 2026

Sur les opérations que nous accompagnons, la valeur s'exprime en pourcentage du chiffre d'affaires annuel hors taxes.

MétierFourchettePourquoi ce niveau
Transaction0 à 30 % (en moyenne 15 %)Revenus non récurrents
Location saisonnière100 à 150 %Mandats récurrents, mais exposés à la saison et à la réglementation
Syndic de copropriétéJusqu'à 150 %Mandats récurrents, renouvelés par les assemblées
Gestion locative200 à 380 %Revenus récurrents et stables

Un cabinet familial et indépendant à vos côtés

Sur le marché, deux familles d'acteurs s'intéressent aux activités saisonnières. D'un côté, des repreneurs achètent pour leur propre compte et cherchent le meilleur prix d'achat. De l'autre, des réseaux de franchise orientent les cédants vers leurs propres membres.

À l'inverse, notre cabinet familial et indépendant n'achète aucune activité et n'appartient à aucun réseau. En effet, nous sommes rémunérés pour défendre vos intérêts de cédant, du dossier de conformité jusqu'à la signature.

Questions fréquentes sur la réglementation de la location saisonnière et la cession

La loi du 19 novembre 2024 empêche-t-elle de céder une activité de location saisonnière ?

Non. La loi n'interdit pas la cession d'une activité de gestion de meublés de tourisme. En revanche, elle renforce les règles applicables aux logements. Ainsi, le repreneur vérifiera la conformité de chacun d'eux avant de fixer son prix.

Quand l'enregistrement deviendra-t-il obligatoire partout en France ?

La loi prévoyait une échéance au 20 mai 2026 au plus tard. Cependant, Service-Public.fr annonçait en juillet 2026 une mise en service du téléservice national au quatrième trimestre 2026. À partir de cette date, l'enregistrement sera obligatoire dans toutes les communes.

Une copropriété peut-elle interdire les meublés de tourisme ?

Oui, pour les lots d'habitation qui ne sont pas des résidences principales. La décision se prend à la majorité des deux tiers. C'est pourquoi le repreneur lit les règlements des immeubles où se trouvent vos logements.

Qui conseille sur les aspects juridiques et fiscaux de la cession ?

Un avocat spécialisé en cession d'entreprises immobilières pour le contrat et les garanties. Quant à la fiscalité, un avocat fiscaliste, que nous pouvons vous recommander. Notre cabinet coordonne ces intervenants autour de votre projet.

Vous envisagez de céder votre activité de location saisonnière ?

Enregistrement, changement d'usage, copropriété : ces points se préparent avant toute négociation. Notre cabinet familial et indépendant vous aide à présenter un portefeuille conforme et à trouver le bon repreneur.

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